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écrire un one shot ou une série

One shot, tomes compagnons ou série littéraire

L’histoire que l’on souhaite raconter peut-elle être contenue sur un roman en un seul tome, entre 50 000 et 115 000 mots, ou va-t-elle nécessité d’être découpée sur plusieurs volumes ?

Il y a des histoires pour lesquelles ce choix s’impose de lui-même à l’auteur, et d’autres pour lesquelles sa décision est plus stratégique.

Quelle différence d’approche selon les formats ? Les éditeurs ont-ils une préférence ?

Petite précision de vocabulaire avant de nous lancer dans le vif du sujet :

  • One shot : le mot anglais one shot est communément utilisé pour désigner une histoire qui se déroule dans un roman en un seul tome.
  • Série : une histoire qui s’étend sur plusieurs volumes est une série.
  • Série en tomes compagnons : par abus de langage, on parle aussi de série pour un ensemble de romans dits “tomes compagnons”. Il ne s’agit pas de la même histoire qui s’étend sur plusieurs volumes mais d’histoires indépendantes qui prennent place dans le même univers ou/et qui mettent en scène des mêmes personnages.

Ecrire un one shot, un roman en un seul tome

Le roman en un seul tome se termine

Mon conseil principal s’applique au one shot, mais aussi aux séries et aux tomes compagnons. Il s’agit de choisir le format de son histoire avant de l’écrire et d’équilibrer sa narration en conséquence.

Ainsi, lorsque l’on décide d’écrire une histoire sur un tome unique, cette histoire doit se terminer à la fin du roman.

L’auteur conçoit son plan et sa narration pour resserrer son intrigue et la faire tenir dans un nombre de chapitres contraints. Il donne une vraie fin.

Même si cette fin laisse du doute au lecteur, par exemple, dans un roman fantastique où l’on ne saurait toujours pas avec certitude si les événements étaient surnaturels ou au final des inventions du narrateur, la fin clôt l’action.

C’est le contrat tacite passé avec le lecteur : il s’attend à une résolution, quelle qu’elle soit.

Ne pas transformer le one shot en série après coup

De nombreux auteurs tombent dans l’écueil de vouloir faire une fin ouverte :
– soit dans l’éventualité où leur roman rencontrerait un grand succès et qu’il pourrait rebondir dessus ;
– soit parce qu’il n’arrivait pas à se décider entre écrire un roman en un seul tome ou une série et qu’il voulait se laisser une porte ouverte.

Attention à ne pas rompre l’horizon d’attente du lecteur et donc de le décevoir !

Dans un one shot, l’histoire doit se tenir en elle-même.

Il est toujours dangereux de vouloir faire une série après coup. Le raccord est toujours artificiel. En effet, cela implique de vouloir rebondir sur des éléments qui n’ont pas été pensés en ce sens à la base. Le risque est grand de casser le principe de vraisemblance.

Ce qu’en pensent les éditeurs

Les éditeurs sont plus nombreux à signer des one shots, surtout pour des premiers auteurs. En effet, le risque économique est plus mesuré. Si le roman ne se vend pas, l’éditeur n’aura pas avancé d’à-valoir pour plusieurs tomes, et surtout, il ne devra pas arrêter une série en cours de route et s’attirer les foudres des lecteurs.

Des lecteurs plus exigeants

Mais il est plus difficile de fidéliser un lectorat avec des one shots, du moins au début de sa carrière. Les lecteurs de série sont des lecteurs fidélisés d’un tome à l’autre puisqu’ils sont déjà captivés par les personnages ou l’univers. Mais quand on écrit des tomes uniques, on repart de zéro à chaque histoire puisqu’elle est toujours différente.

Chaque roman en un seul tome doit être différent du précédent. C’est d’ailleurs le reproche que l’on fait à certains auteurs qui traitent des mêmes thèmes d’un roman à l’autre ou reprennent le même schéma narratif. On entend les lecteurs se plaindre que ces auteurs “écrivent toujours la même chose.”

Ce qui fidélisera les lecteurs à terme, c’est l’imaginaire de l’auteur et surtout son style.

Ecrire une série en tomes compagnons

Une série qui n’en est pas une

Si l’on reste sur la terminologie anglaise plus connue des séries TV, le tome compagnon est comme un spin-off.

Passerelle entre le one shot et la série, chaque tome compagnon est un roman qui se suffit à lui-même. Il y a une vraie fin et la narration est équilibrée sur un seul tome.

Mais l’intrigue prend place dans un univers qui est réutilisé comme contexte d’un autre roman.

On retrouve souvent des personnages d’un tome à l’autre. Soit les personnages principaux, soit des personnages secondaires qui deviennent personnages principaux dans un tome suivant. On peut aussi mettre en scène la génération suivante par rapport aux personnages d’un tome. Tout est possible.

Mais attention, il n’y a pas d’intrigue globale ! Il n’y a pas un antagoniste qui plane et sévit à chaque roman et qu’on confrontera dans un roman final.

Dans une série en tomes compagnons, le lecteur doit pouvoir lire n’importe quel tome et s’en arrêter là. Il doit pouvoir lire les tomes dans n’importe quel ordre s’il le souhaite. Cela ne doit pas entraver sa compréhension.

L’auteur doit prévoir son intention de faire des tomes compagnons du départ pour créer un univers assez dense, assez riche, qui pourra supporter plusieurs opus. De même, les lecteurs apprécieront les clins d’oeil de personnages récurrents ou de préfiguration d’événements que l’on traite dans un autre tome (toujours sans entraver l’unité du roman).

Appréciation des lecteurs et des éditeurs

Les éditeurs sont clairement moins méfiants de ce type de série puisqu’ils peuvent proposer chaque tome comme un one shot, dont le premier tome. Le risque est diminué en cas de mauvaise réception du public.

La série en tomes compagnons a plus d’atout pour fidéliser le lectorat. Il appréciera de retrouver des personnages ou un univers qu’il a appréciés.

Enfin, les auteurs qui choisissent l’auto-édition font souvent le choix stratégique des tomes compagnons ou de la série classique pour tirer profit de l’algorithme des plateformes de e-commerce, Amazon en tête, qui mettent en avant les produits multiples, à l’instar des séries.

La série classique

Une préparation à deux niveaux

La série est une histoire qui s’étend sur plusieurs tomes.

Une intrigue globale avance sur chaque tome et trouve sa résolution à la fin du dernier. Mais chaque tome est construit avec sa propre intrigue pour que le lecteur vive une histoire complète à chaque fois et qu’il n’y ait surtout pas un tome de remplissage.

Ainsi, le travail préparatoire d’une série implique de réfléchir à un plan global, puis à un découpage par tome avec un plan pour chaque tome.

L’auteur de série sait avant de se lancer dans l’écriture combien de tomes sa série comporte puisqu’il a scénarisé chacun d’eux.

Les fans de séries et les éditeurs

Les séries ont leurs fans ! Certains lecteurs sont des lecteurs presque exclusifs de séries, de même que certains n’en lisent jamais. Les lecteurs de séries aiment le travail méticuleux de l’auteur et pouvoir repérer après coup des indices dès le premier tome des événements futurs, indiquant la maîtrise de l’auteur de son histoire.

Il est plus facile de fidéliser un lectorat avec une série. Ils suivent les péripéties du héros tome après tome, créant un lien d’affect puissant, surtout si leur lecture les entraîne sur plusieurs années.

En effet, les éditeurs publient rarement plus d’un tome par an, parfois deux si l’auteur peut suivre le rythme. Aussi les lecteurs sont invités à suivre les sorties de l’auteur sur plusieurs années.

L’inconvénient principal est de trouver l’éditeur prêt à faire confiance à un jeune auteur sans antécédents de vente qui se lance avec une série. Le risque financier est plus important. Plus la série comporte de tomes, plus elle est difficile à proposer.

Toutefois, certaines maisons d’édition se spécialisent dans les séries. Il est aussi plus facile de trouver preneur pour certains sous-genres du roman pour lesquels les lecteurs de séries sont plus nombreux, comme l’imaginaire.

Il ne faut pas partir perdant d’avance, il faut juste avoir conscience que son dossier de soumission devra être encore plus béton !

Les grands points de la conversation :

– Une stratégie à décider avant l’écriture
– Certaines histoires imposent le format
– Les arguments des éditeurs
– Comment fidéliser un lectorat

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