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Raccourcir son roman

Quand un roman est trop court ou trop long

Es-tu prêt à faire des changements radicaux à ton roman à la phase de correction, comme supprimer des chapitres entiers ou au contraire rajouter des passages ?

Nombreux sont les auteurs qui craignent la phase de correction. Soit parce qu’ils sont fatigués après tant d’heures passées sur leur premier jet. Soit parce qu’ils redoutent de devoir élaguer des passages ou au contraire de devoir étoffer des chapitres sur un roman trop court.

Si cela n’était pas évident lors du premier jet, pourquoi le serait-il à la relecture ?

Parce qu’à la correction, tu as une vision globale de ton histoire que tu n’avais pas en court d’écriture. Ton oeil devrait être plus reposé et moins investi dans le tourbillon d’émotions de ton récit.

Tu n’auras pas toujours besoin de faire des coupes ou des rajouts à ton histoire, mais c’est une étape non négociable de te demander si cela est le cas. Tu dois relire ton premier jet avec des clés de relecture qui te permettront de parfaire la structure de ton récit et de donner au lecteur une version propre et facile à lire.

Le premier jet t’a permis de poser tous les éléments que tu avais en tête, tout ce que tu voulais dire sur cette histoire. La correction vient mettre du lien en augmentant la puissance du récit. Tu enlèves tout ce qui ne sert pas l’histoire. Tu rajoutes tout ce qui manque pour la fluidité de lecture.

Les clés de relecture sont les questions que tu te posent au moment de ta correction.

Comment faire des coupes dans son roman ?

Est-ce que ce développement sert la puissance du récit et est essentiel à la compréhension du lecteur ?

Ce qui te plait dans ton récit mais n’apporte rien de nouveau à ton récit doit passer au second plan. Tu écris pour autrui et son expérience de lecture est toujours ta priorité.

Question n°1 : Ce passage est-il utile et essentiel à l’intrigue et à la compréhension du lecteur ?

Si je le retire est-ce que ces informations apparaissent à un autre moment du récit ? Si tu es dans la redondance, tu peux en général supprimer.

Fais confiance à ton lecteur. Si tu lui as donné une information, il la retiendra. Même si tu le fais en subtilité.

Question n°2 : Est-ce que j’ai besoin d’autant de mots pour dire cela ?

Cette question est particulièrement pertinente pour les descriptions. Elles ne sont pas l’ennemi du récit, bien au contraire. Mais tu veux être précis et éviter d’être dans la répétition ou t’éloigner de ton message.

Plus une description est resserrée, plus l’effet d’ambiance est réussi. Nous aimons résumer ce principe avec l’expression : réduire la description à l’os.

Question n°3 : J’explique ou je montre ?

N’oublie jamais que le saint principe du show don’t tell est une boussole pour ta correction.

Si tu as des développements descriptifs ou explicatifs, demande-toi s’ils sont pertinents sous cette forme. Encore une fois, il n’est pas question de les supprimer systématiquement, mais il faut les questionner.

Est-ce que je ne peux pas dire la même chose en mettant en scène des gens qui bougent et qui réagissent ?

Question n°4 : Est-ce que ma description du contexte sert l’intrigue ?

Attention au contexte, surtout dans les univers imaginaires ! Tu ne veux pas tomber dans le récit sociologique ou le livre de géographie.

Ton roman est avant tout une aventure, un récit avec des rebondissements. Aussi le contexte est toujours distillé de manière à sous-tenir l’intrigue et il est toujours secondaire secondaire par rapport à ton intention littéraire.

Comment rallonger un roman trop court ?

Ce n’est pas toujours parce qu’un roman est trop court qu’il faut rajouter des passages. Parfois, un roman qui fait déjà bien plus de 50 000 mots va gagner en intensité grâce à une scène supplémentaire. Mais le roman trop court est le cas le plus facile pour se rendre compte qu’il faut densifier le texte.

Question n°1 : Est-ce que mon ellipse est pertinente ?

Le problème des romans trop courts est très souvent un manque de transitions. Le lecteur est projeté d’un moment à un autre, d’un lieu à un autre, d’un enjeu à un autre entre deux scènes ou deux chapitres, plutôt que de suivre comment le personnage est arrivé dans ce nouveau contexte. C’est le principe de l’ellipse.

Or trop d’ellipse, tue l’ellipse. Le lecteur n’est pas dans ta tête.

Attention à ne pas passer d’une scène à l’autre de manière abrupte systématiquement. L’ellipse doit apporter une vrai plus value au récit.

Question n°2 : Est-ce qu’en donne assez pour que le lecteur comprenne bien ce qui se passe ?

Une scène trop courte peut être une scène dans laquelle l’auteur ne donne pas assez d’éléments. Le lecteur va peiner à s’immerger dans ce qui se passe. Le sens et l’importance des enjeux lui échappent, il ne comprend pas ou n’a pas d’élément sur la réaction des personnages, l’ambiance de la scène, ce qui se trouve autour de lui.

Bref, ce n’est pas parce que l’on veut être précis et “réduire la description à l’os” qu’il ne faut pas installer l’ambiance, les enjeux et les personnages.

Question n°3 : Est-ce que j’ai fait monter la pression ?

Rappelle-toi que ton histoire doit suivre une montée progressive de la tension narrative. Le lecteur s’inquiète de plus en plus pour ce qui va se passer. Il se pose des questions dont il attend la réponse.

Tu crées un jeu où la tension redescend et le lecteur relâche sa garde pour le surprendre encore plus sévèrement. As-tu bien distillé ces questions et ces actions qui donnent du relief à ton récit ?

Question n°4 : Quelle est l’ambiance de mon récit et est-ce qu’on la sent ?

De la même façon qu’on ne veut pas en faire des tonnes sur son contexte, on ne veut pas tomber dans l’extrême inverse d’avoir une histoire sans ambiance.

Quel est le genre de ton récit ? A quel époque se déroule-t-il ? Quelle est l’atmosphère qui se dégage des lieux ? Quels sont les émotions qui traversent tes personnages ?

Tu dois choisir l’atmosphère de ton roman et tu dois l’installer petit à petit. Vérifie que celle-ci transparaît dans tes scènes.

Les grands points de la conversation :

– Roman trop court ou roman trop long, même combat
– L’étape de la correction se fait avec des clés de relecture
– Il n’y a aucun problème à couper ou à rajouter
– Toujours éviter l’ascétisme ou le baroque flamboyant

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