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écrire un roman questions des écrivains débutants

4 questions qui angoissent tous les écrivains débutants

Faisant suite à la série de Johanna sur les peurs des débutants (épisodes 90, 91 et 92), je te partage mon expérience des quatre questions qui hantent tous les écrivains à leurs débuts ! J’aimerais te dire qu’une fois ton premier roman publié, elles disparaissent complètement. Mais ces petites malines ont tendance à pointer le bout de leur nez dans tes moments de doute.

En tout cas, rassure-toi, tous les auteurs se sont posés ces questions à un moment ou un autre.

Quelles sont ces 4 questions qui bloquent les écrivains débutants ?

  • Est-ce que mon livre est bon ?
  • Mon histoire est-elle assez originale ?
  • Est-ce que je vais réussir à faire publier mon roman ?
  • Mon roman se vendra-t-il ?

Tentons d’apporter une réponse qui te permette d’avancer dans ton projet de roman !

Est-ce que mon livre est bon ?

Les goûts et les couleurs

La peur universelle de ne pas être un écrivain qualifié et d’être disqualifié par son public ! Evidemment que tu te demandes si ton livre est au niveau pour tes lecteurs et surtout s’il va leur plaire.

Malheureusement, cette question est formulée de telle façon que tu n’en auras jamais la réponse !

Trouver un roman « bon » ou « mauvais » est entièrement subjectif. Car comme pour tout ce qui a trait au beau ou aux sens, chacun a sa propre idée de ce qui est bon. Je te renvoie à l’expression : les goûts et les couleurs.

Nous apprécions l’esthétique d’une oeuvre, les émotions qu’elle transmet nous touchent, selon qu’elle stimule des composantes de notre personnalité et de notre identité. Les goûts de chacun dépendent de leur composition cérébrale unique, de leur éducation, de leurs expériences de vie, de la culture dans laquelle ils ont grandi.

Tu n’auras jamais de réponse univoque à la question “est-ce que ton livre est bon”.

Il serra bon pour certaines personnes, il sera mauvais pour d’autres.

La question du professionnalisme

Une meilleure question à te poser est celle du professionnalisme de ta plume. D’ailleurs, quand les éditeurs ou les critiques disent qu’un livre est bon, ils veulent plus souvent dire professionnel qu’autre chose, puisque c’est le seul critère envers lequel on peut avoir un peu d’objectivité.

Qu’est-ce qu’un roman professionnel ?

C’est un roman dans lequel les techniques d’écriture sont maîtrisées. Entre autres : les codes de la narration selon le genre du texte, la rigueur du français (concordance des temps notamment), équilibre de l’action et du suspense, vraisemblance des personnages.

Si tu ne peux jamais avoir de certitudes que ton histoire plaira aux lecteurs ou aux éditeurs, tu peux écrire avec rigueur et améliorer ta connaissance des techniques narratives de manière à mieux transmettre tes émotions et tes idées au lecteur.

Un roman bien géré avec des techniques narratives maîtrisées a plus de chances de plaire. Les lecteurs sont sensibles à la mise en scène du suspense, à la qualité des interactions entre les personnages, à la bonne gestion des enjeux. A l’inverse, un roman avec beaucoup de problèmes de cohérence déstabilisera la lecture.

Mais même quand un roman est professionnel, des lecteurs le trouveront très bon et d’autres très mauvais.

Est-ce que mon histoire est originale ?

L’originalité n’est pas dans la thématique

Il n’y a pas de thématique universelle qui n’ait pas déjà été abordée de multiples fois dans la littérature.

Un contexte ou un objet point de départ de la narration peut être nouveau ou peu usité s’il s’agit d’une problématique ultra contemporaine. Par exemple, les super calculateurs quantiques ou la reconnaissance faciale de dernière génération. Mais il ne s’agit que d’un prétexte. Ce n’est pas la thématique de l’histoire. Et celle-ci ne n’est jamais originale pour justement être universelle. Par exemple, avec pour point de départ l’utilisation d’un super calculateur quantique, les thématiques abordées peuvent être le contrôle des masses, le contrôle des opinions, le manque d’éthique dans l’utilisation de la technologie, etc.

Vengeance, amour, trahison, résilience, aventure : l’originalité n’est pas dans la thématique. Au contraire, celle-ci se veut universelle donc familière.

L’originalité est dans sa vision du monde

L’originalité d’un roman se trouve dans l’individualité de l’écrivain.

Tout écrivain débutant craint de ne pas être assez original, persuadé qu’il doit surprendre son lecteur pour le captiver. Mais l’originalité est innée à chaque roman et s’exprime dans le choix des mots de son auteur, dans la combinaison des thématiques et des traits des personnages que lui seul peut imaginer.

En effet, aucun autre livre ne ressemblera au tien, parce que c’est toi qui as écrit ton roman. Il y transparaît ta vision du monde, ta vision de ton héros, de vision de l’amour, de la trahison, de l’aventure.

Tu peux traiter des mêmes thèmes qu’un autre auteur, suivre la même trame narrative, pourtant vos histoires seront différentes et uniques.

L’originalité s’exprime forcément, d’elle-même, et tout comme les goûts et les couleurs, elle plaira ou non à ton lecteur sans que tu aies de prise sur ce jugement.

Quelle histoire ai-je envie d’écrire ?

Une meilleure question est certainement : quelle histoire ai-je envie d’écrire ?

Une fois certain que ton histoire est par définition originale, plutôt que d’essayer encore et toujours de la rendre plus originale en cherchant les thématiques les moins fréquentes ou les objets qui ont encore peu été des déclencheurs d’action, je t’invite à te concentrer sur celles et ceux qui te motivent et activent ton imagination.

Est-ce que mon roman sera publié ?

Tu ne peux pas le savoir

Troisième des questions de tous les écrivains débutants, il y a celle de la publication. Puisqu’on définit traditionnellement sa légitimité d’auteur par l’étape du contrat d’édition, les écrivains débutants mettent de grands enjeux derrière la publication.

Je suis désolée, tu ne pourrais jamais avoir la sécurité que ton roman sera publié à moins d’écrire sur commande.

Une fois que tu es sûr de proposer un roman professionnel, l’éditeur a sa propre subjectivité sur le genre d’histoire qui lui plait et qui peut plaire à son lectorat.

Il a aussi une vision stratégique de publier des romans de thématiques différentes tout au long de l’année. Tu peux manquer de chance et lui proposer un texte alors qu’il vient de signer quelque chose qui pour lui est très similaire. Ce n’est pas ton livre le problème, mais une question de choix commerciaux.

Mettre toutes les chances de ton côté

Par contre, tu peux augmenter tes chances que ton roman passe l’étape du comité de lecture. Pour cela, tu dois connaître le monde de l’édition. Tu dois connaître le métier de l’éditeur et ce qu’il recherche. Plus tu connais ses besoins, plus tu parles son langage, mieux tu cibles les maisons d’édition, plus tu mets toutes les chances de ton côté.

Sois conscient qu’il y a toujours une partie de la sélection qui t’échappe et qu’un refus n’est pas toujours la faute de ton manuscrit ! Pour autant, tente cette sélection dans les meilleures conditions.

Est-ce que mon roman va marcher ?

Tu peux soigner ton écriture

La dernière des questions que se posent les écrivains débutants combine l’idée de plaire aux lecteurs et de connaître un succès commercial avec son roman. Mon roman aura-t-il du succès ?

Malheureusement, si une recette à best-sellers existait, les éditeurs l’emploieraient à tour de bras.

De la même manière que tu vas tout faire pour intéresser les éditeurs par ton professionnalisme et la connaissance du milieu éditorial, tu vas mettre toutes les chances de ton côté en écrivant un roman professionnel. Tu rempliras ta part du contrat de suivre les codes du genre si tu publies de la littérature de genre, d’équilibrer ton action et de ménager du suspense, de créer des émotions et du lien entre ton lecteur et des personnages vraisemblables.

Un roman qui n’a pas ses éléments à beaucoup moins de chance de faire parler de lui et d’être recommandé.

Tu ne peux pas prévoir le succès du marketing

Le succès commercial d’un roman ne repose pas sur l’histoire ou l’écriture seule. Les éléments de vente sont tout aussi importants. Or, si tu publies avec un éditeur, il a le contrôle total sur ces éléments. Entre autres : le choix de la couverture, le choix du titre et de la 4e de couverture.

Si tu n’as pas d’antécédents de ventes, il est difficile de négocier sur le nombre de tirages et sur le budget alloué à la publicité pour ton livre. Tout cela compte pour augmenter les ventes.

Tout cela t’échappe et fait partie de la compétence professionnelle de ton éditeur et de sa stratégie commerciale globale.

Il faut lâcher prise. Ne te mets jamais la pression du succès, surtout quand celui-ci n’est pas le seul fait de ton histoire.

D’ailleurs, le succès peut arriver à n’importe quel moment. Au premier roman comme au 4 ou au 5e roman. Et même lorsque l’un de tes livres est un succès, tu n’es pas assuré de faire d’aussi bonnes ventes au prochain.

La seule chose sur laquelle tu as du contrôle est ton écriture, l’amélioration et la professionnalisation de ton écriture. C’est là-dessus que tu dois tout miser.

Les grands points de la conversation :

– Ce qui fait un roman de qualité professionnelle
– La fausse question de l’originalité
– Le problème des analyses des succès après coup
– Le danger d’ouvrir une ligne éditoriale chez un éditeur

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