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Une histoire, quelque soit son genre doit vous posséder. C’est comme ça qu’elle attirera les lecteurs et les éditeurs, donc qu’elle se vendra le mieux.

LUCIE CASTEL
Les romans qui se vendent

Quels sont les genres qui marchent, les genres qui se vendent le mieux ?

Cette question des genres qui se vendent le mieux, on nous la pose beaucoup plus souvent que vous ne le pensez. Nous nous permettons de dire qu’elle est polémique, dans le sens où elle appuie sur l’honneur esthétique de nombreux auteurs.

Leur premier réflexe est souvent de s’insurger contre une question qui laisse transparaître la subordination de l’art et de l’imaginaire à la logique commerciale.

Dans un monde idéal, l’art ne devrait jamais se travestir pour l’argument de la vente. Un auteur est un artiste et pas un artisan qui crée à la demande selon les modes et les intérêts du capital.

Mais la question mérite quand même d’être posée car la réalité du marché existe. Comme toutes les autres formes d’arts, de la peinture à l’architecture, l’auteur ne peut pas s’extraire complètement du cadre de la distribution de son oeuvre s’il souhaite vivre de sa plume.

L’auteur qui publie le fait par définition pour être lu.

Le trio gagnant : blanche, polar et romance

En fiction, trois genres sont largement en tête quand on regarde les genres qui se vendent le mieux, donc le nombre de lecteurs. Il s’agit :

  • De la littérature blanche, aussi appelée simplement littérature généraliste ou littérature contemporaine,
  • Du polar, ou romans policiers,
  • De la romance, ou romans sentimentaux.

Nous pourrions rentrer dans le détail car chacun de ces genres a de nombreux sous-genres qui cumulent plus ou moins de lecteurs. La littérature blanche, par définition, ne répond pas à des codes précis qui modèlent les attentes des lecteurs. Mais en blanche aussi, certaines tendances marchent mieux que d’autres.

Le Syndicat national de l’édition publie les chiffres clés de l’édition en ligne. A la rédaction de cet article, les chiffres 2018 sont disponibles.

On constate que la littérature contemporaine est largement en tête. Elle est deux fois plus vendue que le polar, lui-même environ deux fois plus vendu que les romans d’amour. Ces trois genres cumulés dépassent largement le reste de la liste des genres en termes de chiffres de vente.

Viennent ensuite les littératures de l’imaginaire qui se vendent dans les mêmes proportions que les classiques. Puis les romans historiques. Puis les romans humoristiques.

A noter que la fiction jeunesse, ados et jeunes adultes arrive en fait en deuxième position après la fiction adulte contemporaine.

Alors, faut-il écrire dans les genres qui se vendent le plus ?

Si vous êtes foncièrement polyvalent, que vous avez autant d’appétence pour la littérature blanche que vous n’en avez pour la science-fiction, alors pourquoi ne pas tenter l’aventure d’un roman contemporain ?

Par contre, si vous ne lisez absolument pas dans ces genres populaires et que votre âme d’auteur vous ramène sans cesse vers le merveilleux, vous allez perdre l’occasion d’écrire un excellent livre de fantasy et risquer d’écrire un polar moyen.

Le technicien vs. l’artiste

Nombreux sont les auteurs qui n’éprouvent pas d’intérêt pour certains genres.

Chez LICARES, nous sommes convaincus que les auteurs sont multidimensionnels et qu’ils peuvent être bons dans plusieurs genres. On peut écrire du polar et de la romance et s’épanouir dans les deux genres. N’empêche que…

Il y a un élément essentiel qui va différencier l’artiste du technicien, soit de celui qui ne fait qu’appliquer une méthode le plus justement possible.

Cet élément, c’est la passion pour son histoire. Une histoire, quelque soit son genre doit vous posséder. C’est comme ça qu’elle attirera les lecteurs et les éditeurs. La zone de génie d’un auteur est intimement liée à cette flamme qui l’anime quand il écrit.

Bien sûr que nous vous encourageons à toujours évoluer, à tenter de nouvelles expériences, à vous ouvrir à différents genres. Mais si l’argument des ventes passent avant votre envie profonde d’écriture une histoire, vous risquez de ne pas réussir à vous créer votre style et à fidéliser votre lectorat.

Les éléments hors de votre contrôle

Il ne faut pas non plus oublier que l’étude du marché du livre ne doit pas se faire qu’à un niveau macroscopique. Les chiffres bruts des ventes par genre cachent une réalité éditoriale bien plus fine.

En effet, les ventes de votre livre vont dépendre de plusieurs facteurs . Ces facteurs dépassent largement la question de la qualité de votre livre. Ils ont tout à voir avec le travail commercial de l’éditeur.

Publier en blanche chez un grand éditeur ne vous assure pas le succès ! Pour que les ventes soient au rendez-vous, l’éditeur doit porter votre livre. Il doit en faire la promotion, il doit en faire un tirage conséquent. Il doit prendre le risque d’investir de l’argent au-delà de votre cachet d’à-valoir pour qu’il se vende. Et c’est un risque. Car même en faisant tout cela, parfois le résultat n’est pas à la hauteur de leurs espérances.

Il n’est pas rare qu’un nouvel auteur soit moins mis en avant dans une grande maison qui signe de nombreux auteurs chaque année, que dans une petite structure qui publie moins de titres. Le budget promotionnel ne sera pas le même, mais l’éditeur peut s’engager davantage.

De même, écrire pour un marché de niche a peut-être un plafond en nombre de ventes, mais la concurrence pour l’attention du lecteur est moins vertigineuse.

Le point sensible de la hiérarchie des genres

Derrière le débat sur la dénaturation commerciale de la littérature, on retrouve aussi le point sensible de la hiérarchisation des genres.

Celle-ci a toujours eu cours. La séparation littérature blanche contre littérature noire n’a fait que creuser l’écart dans l’esprit français.

Il est fascinant de voir que nombreux sont les lecteurs de polar ou de romance qui en sont encore à s’excuser de leur choix de lecture ou à s’empresser de dire qu’ils ne sont pas de “vrais” lecteurs car ils ne lisent pas la vraie littérature.

Encore une fois, en tant qu’auteur, interrogez-vous sur votre propre internalisation de ce genre de stéréotypes. A quel point êtes-vous fiers et décomplexés du genre dans lequel vous écrivez ?

Remarquez avec curiosité que si certes la littérature contemporaine arrive en tête des ventes, la littérature sentimentale tant méprisée par certains vient ravir le quotidien de très, très nombreux lecteurs.

En conclusion

En conclusion, soyez toujours informés. Soyez toujours curieux et conscients de la réalité du marché éditorial, donc des genres littéraires qui se vendent le mieux. Mais ne prenez pas vos décisions artistiques en fonction des chiffres de vente. Vous avez toujours meilleur compte à écrire l’histoire qui vous passionne puis à vous battre pour qu’elle ait la meilleure promotion et qu’elle parvienne à tous les lecteurs qui partagent votre sensibilité.

Les grands points de la conversation :

– La question des ventes est toujours polémique
– Oui, il y a des genres qui se vendent mieux
– A quel point êtes-vous polyvalent ?
– Les chiffres : l’arbre qui cache la forêt
– Qu’avez-vous envie d’offrir au lecteur ?

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