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Les dialogues d'un roman

Ne néglige jamais les dialogues de ton roman

Dans un roman, tout est une question d’équilibre et d’intention de l’auteur. Il n’y a aucune règle sur le nombre de passages de dialogue que tu dois écrire par rapport au nombre de passages de pure narration.

Retiens seulement que les dialogues apportent de la vie et du mouvement à tes personnages. Ils te permettent de les incarner bien plus que ne le font les passages narratifs.

A travers eux, le lecteur apprendra comment tes personnages se comportent dans différentes situations et en compagnie de tel ou tel autre personnage. Ils te permettent de mettre en scène plutôt que d’expliquer. Notre fameux : Show, don’t tell.

Voici 6 pièges à éviter pour écrire des dialogues crédibles et pertinents dans ton roman.

Erreur n°1 : Faire parler tous les personnages de la même façon

Il s’agit de l’erreur de débutant la plus fréquente qui gâche un dialogue.

Dans la vraie vie, nous avons tous des façons de nous exprimer différentes. Le son de notre voix bien sûr est la première marque de notre individualité, mais pas que. La cadence de notre voix. Notre vocabulaire et nos tics de langage. Nos expressions faciales. Le mouvement de nos mains. Autant de détails qui découlent de nos personnalités et de notre éducation et qui nous rendent uniques.

Il doit en être de même pour tes personnages.

Pour arriver à écrire facilement et naturellement les répliques de chaque personnage, tu dois décider de ces détails à l’avance. C’est ce qu’on appelle modéliser ses personnages.

La fiche de personnage est un outil qui va t’aider à mener à bien cette étape. Tu vas réfléchir à la façon dont ton personnage bouge et parle, et à tout ce qui fait son individualité quand il s’adresse aux autres.

Beaucoup d’auteurs n’osent pas colorer suffisamment les dialogues de leurs personnages dans leur roman car ils ont peur de devenir caricatural en forçant le trait. C’est en effet un point de vigilance à avoir en tête. Il ne s’agit pas de faire forcément en sorte que chaque personnage ait des mimiques et un lexique que les autres n’auront pas pour être sûr qu’on le distingue (j’appelle ça le syndrome Spice Girls).

On ne veut pas tomber dans l’écueil de faire des personnages unidimensionnels. Or la caricature tout comme le consensus rendent le personnage plat et facilement oubliable. Il faut comme toujours trouver le juste milieu !

Erreur n°2 : Ne pas faire avancer l’intrigue dans les dialogues

Le dialogue ne doit pas être juste un gadget de cadencement de ton intrigue. Ta logique ne doit pas juste être : “ah, ça fait longtemps que je n’ai pas mis de dialogue… On va rompre un peu la narration et la description avec un peu de dialogue.”

Oui, le dialogue est un moyen de travailler le rythme de ton récit. Mais comme les autres parties narratives, il doit répondre à l’un de ces deux buts : faire avancer l’intrigue ou en dire plus sur tes personnages.

Tu dois utiliser les dialogues pour dérouler un enjeu, pour montrer un problème à régler ou régler ce problème. Le lecteur doit apprendre quelque chose grâce à ton dialogue.

Si tu te poses la question de la pertinence de ton dialogue, réponds à la question “à quoi sert-il ici ?”

Le lecteur ne doit à aucun moment avoir envie de passer les pages de ton dialogue pour voir enfin ce qui va se passer dans ton histoire. Mais ceci est bien sûr valable pour tous les passages de ton roman.

Erreur n°3 : Ne pas faire des réactions crédibles

On pourra aussi tout simplement dire : faire des dialogues trop caricaturaux dans ton roman.

Quand deux personnes se parlent, tu dois t’assurer que la bonne communication ou la mauvaise communication soient logiques pour le lecteur.

Par exemple, si un personnage réagit violemment aux propos d’un autre, le lecteur doit comprendre pourquoi sa réaction est si vive. Ce peut être sur le moment, ce peut être en révélant plus de son histoire plus tard. Mais en aucun cas (hors maladie mentale) il n’est crédible qu’une personne aient des réactions disproportionnées si tu ne le justifies pas.

Personne n’est complètement hystérique et complètement déraisonnable sans provocation ou élément déclencheur.

Toute réaction doit pouvoir s’expliquer et avoir du sens pour le lecteur.

Erreur n°4 : Mettre trop ou trop peu de verbes déclaratifs

Tu dois bien doser les verbes déclaratifs dans les dialogues de ton roman.

De quoi s’agit-il ? De toutes les mentions qui suivent les répliques de tes personnages pour les qualifier. Dit-il, murmure-t-elle, acquiesce-t-il, etc.

Tu ne dois pas mettre un verbe déclaratif à chaque réplique pour ne pas alourdir le dialogue.

Normalement le lecteur sait qui parle une fois que tu lui as indiqué qui s’exprime une première fois, surtout si la conversation ne fait intervenir que deux personnages.

La règle est tout de même de redonner cette indication au lecteur après de longues incises. Tu insères une phrase narrative assez longue entre deux répliques ? Explique au lecteur qui reprend la parole.

Cela doit toujours être clair pour lui, sans qu’il ait l’impression que tu insistes pour qu’il comprenne. D’où l’importance de bien modéliser tes personnages pour que tous aient une voix distincte !

Erreur n°5 : Utiliser des verbes déclaratifs trop neutres

Comme dans le reste de ton texte, chaque mot de tes dialogues doit être choisi et pesé pour le maximum d’efficacité.

Ainsi, parmi les centaines de verbes déclaratifs du français, il sera dommage de ne pas utiliser celui qui te permet de caractériser au mieux le ton de la voix de ton personnage, son intention à dire sa réplique ou son état émotionnel lorsqu’il parle.

Des verbes comme dire, déclarer, expliquer ou mentionner, sont ce qu’on appelle des verbes déclaratifs neutres. Ils ne donnent aucun renseignement sur ce qui se joue dans la réplique. Ils ne sont pas connotés.

Tu peux les connoter en rajoutant des adverbes ou des expressions, par exemple “dire avec condescendance”, “déclarer d’une voix vive”, mais tu dois au maximum préférer un verbe qui existe déjà pour dire la même chose.

Erreur n°6 : Faire parler les personnages dans le vide

Nous avons évoqué le fait que lorsque nous parlons, nous bougeons. Notre visage s’anime, nos mains se lèvent, notre regard est mobile.

Mais le monde ne s’arrête pas non plus de tourner autour de nous !

Un dialogue sonne faux quand l’auteur l’écrit comme si le temps et l’espace s’étaient arrêtés autour de ses personnages.

Où se trouvent tes personnages au moment où ils parlent ? Est-ce qu’ils sont seuls dans un endroit clos ? Ou y a-t-il une foule autour d’eux ? Sont-ils assis ou en train de marcher ? Combien de temps s’écoule avant qu’un autre personnage ne soit susceptible de les déranger ?

N’oublie jamais que tu dois donner l’illusion de la réalité à ta narration. Ne coupe pas les personnages de ce qui se passe autour d’eux lorsqu’ils se parlent.

De même, équilibre de manière réaliste le temps de parole de chacun : même s’il peut y avoir des situations où on sera plus dans le monologue que dans le dialogue, il est rare dans la vraie vie que quelqu’un nous laisse lui parler 10 minutes d’affilée sans nous interrompre !

Les grands points de la conversation :

– Le dialogue n’est pas un gadget
– Au-delà de la parole, le mouvement
– Toujours savoir qui parle sans avoir à le dire
– La fiche de personnage, l’outil de la modélisation
– Attention aux monologues !

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La fiche perso ultime

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