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Vous ne pouvez pas demander à l’auto-édition de vous donner ce que publier en maison d’édition vous apportera, et vice versa.

LUCIE CASTEL
Auto-édition ou maison d'édition

La différence fondamentale entre auto-édition et édition traditionnelle

Vous avez écrit votre roman et il est désormais temps de le proposer au public. Vous voulez le publier. Pour cela, deux choix principaux s’offrent à vous.

  • Soumettre votre roman à un éditeur, ce que l’on appelle l’édition traditionnelle,
  • Auto-éditer votre livre, soit gérer le processus éditorial vous-même.

La première chose à retenir est qu’aucune de ces deux solutions ne devrait être vécue comme un choix par défaut. On ne se lance pas dans l’auto-édition parce que son texte a été refusé par un éditeur. De même, on ne propose pas son texte à une maison d’édition si l’on n’est pas prêt à compromettre et à suivre les conseils et les corrections des professionnels avec lesquels on va travailler.

Chacune de ces alternatives a ses avantages et ses inconvénients. Chacune va apporter à l’auteur quelque chose que l’autre ne lui donnera pas.

La recherche de légitimité

Le premier réflexe de la plupart des aspirants auteurs sera de trouver un éditeur pour être publié par une maison d’édition.

Et pour cause : historiquement, c’est la publication en maison d’édition qui fait la légitimité de l’auteur. Les professionnels du milieu éditorial adoubent l’auteur. Jusqu’à très récemment, l’éditeur offrait la seule voie de diffusion des textes.

L’auto-édition a toujours eu cours. Que ce soit des pamphlets satiriques, des récits érotiques, ou bel et bien des romans, l’impression artisanale a permis à des auteurs à travers les siècles de s’affranchir des voies conventionnelles.

Mais jusqu’à la révolution Internet, la diffusion de romans hors des circuits traditionnels est anecdotique. Le coût de production des livres est tel que ce sont souvent des éditeurs qui participent à la diffusion clandestine et pas des particuliers.

Bref, dans la tête du public comme dans la tête des auteurs, un véritable auteur est un auteur publié en maison d’édition. Voire un auteur dont le livre est présent sur l’étagère d’une librairie.

Il faut une grande confiance en soi, en sa passion et en son propre processus éditorial pour pouvoir s’affranchir de ce besoin de légitimité extérieure. C’est cette recherche de légitimité qui va pousser les auteurs avant toute autre chose vers l’édition traditionnelle.

Ce qu’apportent les éditeurs

L’expertise d’un professionnel du livre

Si les éditeurs ont eu si longtemps l’exclusivité de déterminer quels sont les textes dignes d’être publiés, c’est d’abord pour le travail qu’ils fournissent pour approfondir et sublimer ces textes. Le roman n’est pas le texte brut de l’auteur, mais le texte qui est passé entre leurs mains.

Ainsi, l’étape de la correction éditoriale est un passage essentiel pour que le manuscrit devienne le roman qui enchantera les lecteurs. Confronter son texte à une équipe de professionnels capables de nous pousser dans nos retranchements et de polir le texte est une expérience passionnante. Elle va permettre à l’auteur de s’améliorer et de se professionnaliser.

Outre son apport au texte, l’éditeur va ensuite assurer tout le processus de commercialisation du livre. Il va prendre les risques financiers pour créer l’objet livre et le diffuser.

L’éditeur a les contacts qui vont permettre de mettre le livre entre les mains du plus grand nombre de lecteurs possible. Il va trouver et négocier avec des prestataires. Il va proposer une expertise commerciale.

A ce jour, il faut être édité par une maison d’édition pour voir son livre en librairie ou en bibliothèque.

Une relation commerciale

En échange de ces services, l’auteur va céder jusqu’à plus de 90% de ses revenus sur ses ventes.

Attention donc à ne pas accepter un contrat où l’éditeur ne fait pas tout ce travail qui justifie sa part sur les ventes.

L’auteur va accepter de faire des compromis sur son texte et de s’en remettre à l’expertise de ses collaborateurs pour tout ce qui va constituer les éléments de vente du livre : le titre, la couverture, la quatrième de couverture, la stratégie promotionnelle.

Signer avec un éditeur, c’est accepter de lui faire confiance à lui et son équipe. C’est prendre un risque comme pour toute collaboration où l’on délègue son contrôle.

Pourquoi choisir l’auto-édition ?

Le travail de l’auteur auto-édité

Sortir un roman en auto-édition ne peut pas être un choix par défaut juste parce que son texte aurait été refusé par un éditeur.

Si l’on veut qu’un livre auto-édité marche, c’est à dire qu’il se vende d’une manière satisfaisante, il faut se former au marketing Web et investir suffisamment pour promouvoir son livre auprès du bon public.

Un auteur auto-édité n’est plus seulement un auteur : c’est aussi un éditeur et un commercial. Il doit maîtriser les étapes du travail éditorial pour les accomplir lui-même ou payer pour les déléguer.

On notera qu’avec la démocratisation du free-lance grâce à Internet, il est bien plus facile de trouver des partenaires de qualité, tels que des correcteurs free-lance qui souvent travaillent par ailleurs pour les maisons d’édition. Aussi les éditeurs n’ont plus l’exclusivité du perfectionnement du texte.

Outre la correction, l’auteur doit faire mettre en forme son livre, choisir un titre et commander une couverture, réaliser la 4e de couverture, et bien sûr réfléchir à une stratégie de promotion et de diffusion.

Même si l’impression à la demande permet aux auteurs indépendants de proposer des copies papier de leurs livres, le marché de l’auto-édition est essentiellement numérique. En effet, le papier demande de trouver des distributeurs qui sont encore peu nombreux en France à travailler avec les indépendants, et la marge de bénéfices est moins importante que sur le numérique.

Alors pourquoi faire ce choix ?

Faire le choix de l’auto-édition, c’est avant tout vouloir s’affranchir de sa relation aux éditeurs. On pourrait même dire de sa “dépendance” aux éditeurs.

L’auteur en auto-édition a le contrôle sur tout le processus éditorial. Il fait tous les choix qui concernent son livre et sa promotion. Il n’a plus de compromis à faire envers un tiers, l’auteur est seul mettre à bord.

L’auto-édition attire de nombreux auteurs qui sont déjà publiés en maison d’édition. Ils y viennent une fois qu’ils ont une meilleure connaissance du circuit du livre et du marché du livre.

Certains parce qu’ils sont déçus de leur relation de travail avec les éditeurs. D’autres estiment ne pas pouvoir acquérir la notoriété et les chiffres de vente qu’ils souhaitent avec ce que leur proposent les éditeurs.

S’il est difficile de vivre de sa plume en étant édité traditionnellement, il est possible de se dégager un salaire en auto-édition. Evidemment, cela demande d’en faire son activité principale et il y a le risque inhérent à toute activité en indépendant.

Mais il n’en demeure pas moins que pour l’auteur qui n’est pas multi best-seller ou lauréat de prix littéraire, les revenus générés par l’auto-édition sont bien plus importants que les revenus touchés par les auteurs traditionnels.

Quel est le meilleur choix pour un premier roman ?

Les questions à se poser

L’auteur qui publie pour la première fois doit faire le point sur son rapport à son texte. Quel est son objectif à court et moyen terme ?

  • Dans quel mesure l’auteur pense-t-il que sa légitimité passe par les éditeurs ?
  • A-t-il confiance en sa capacité à se constituer un réseau de correcteurs et de prestataires pour créer un roman mature et professionnel ?
  • Est-il prêt à se former au marketing Web ? A passer autant de temps sur l’écriture que sur les étapes de commercialisation du livre, avant de pouvoir rémunérer une équipe ?
  • Est-il prêt à ce que ses ventes soient en majorité au format numérique ?
  • Souhaite-il générer des revenus avec ses livres et en faire son activité principale le plus rapidement possible ?

A l’heure où nous rédigeons cet article, la plupart des auteurs qui débutent envisagent encore leur légitimité par le prisme du choix des maisons d’édition. Etre choisi par un éditeur et voir son livre sur les rayonnages des librairies restent l’apanage de l’auteur accompli dans notre inconscient collectif.

Notre conseil pour se lancer

Nous encourageons les jeunes auteurs à démarcher les éditeurs quand ils se lancent pour la première fois. L’expérience acquise par la collaboration avec les professionnels de l’édition va être très intéressante. Elle contribuera à faire évoluer sa plume et comprendre les étapes du travail éditorial.

La publication en maison d’édition permettra à l’auteur de savoir ce qu’il apprécie dans sa relation avec les éditeurs. Mais aussi ce sur quoi il ne veut plus compromettre.

Une fois qu’il aura une plus grande confiance en son écriture, il appréciera davantage l’aventure entreprenariale de l’auto-édition.

C’est une aventure formidable pour découvrir tout ce qui fait le marketing du livre et pour vivre enfin de sa plume.

Chez LICARES, nous pensons que l’hybridation entre publication traditionnelle et auto-édition est l’avenir pour les écrivains qui souhaitent faire de l’écriture leur métier !

Les grands points de la conversation :

– Le vrai rôle des éditeurs
– Les auteurs indépendants sont des chefs d’entreprise
– Qui donne la légitimité d’auteur ?
– La présence en salon
– Les cas où il vaut mieux s’auto-éditer

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